Les incendies survenus en France au cours de l'été 2026 peuvent affecter simultanément les locaux, les équipements, les stocks et le chiffre d'affaires. La Compagnie nationale des commissaires aux comptes a publié le 11 septembre 2026 un communiqué consacré à leurs conséquences comptables. Pour les entreprises de Gironde et du bassin de Lacanau, la première priorité comptable consiste à établir des preuves fiables sans attendre la fin des échanges avec l'assureur.
1. Inventorier et prouver les dommages
Le dossier doit distinguer les stocks, les immobilisations, les dépenses de remise en état et les frais exceptionnels engagés pour maintenir l'activité. Photographies datées, factures d'achat, inventaires, constats, dépôt de plainte, rapports d'expertise et échanges avec l'assureur permettent de rapprocher les quantités physiques des valeurs comptables.
2. Sortir ou déprécier les actifs touchés
Un stock détruit ne peut pas rester valorisé à la clôture. Une immobilisation devenue inutilisable doit être sortie ou faire l'objet du traitement adapté à son état réel. Lorsqu'un bien reste exploitable mais a perdu une partie de sa valeur, l'entreprise doit apprécier la nécessité d'une dépréciation. La date du sinistre et la date de clôture déterminent également s'il s'agit d'un événement de l'exercice ou d'un événement postérieur à expliquer dans l'annexe.
3. Ne pas anticiper une indemnité encore incertaine
La déclaration du sinistre ne suffit pas toujours à constater une créance sur l'assureur. Le droit à indemnisation et son montant doivent être suffisamment établis à la date d'arrêté des comptes. Une franchise, une vétusté, un plafond de garantie ou une discussion sur le périmètre du contrat peuvent modifier le montant attendu. L'indemnisation des biens et celle de la perte d'exploitation doivent être suivies séparément selon leur nature.
Pièces à réunir dès les premiers jours
- contrats d'assurance, garanties, plafonds et franchises ;
- inventaire détaillé des biens détruits, endommagés ou inaccessibles ;
- factures, tableaux d'immobilisations et derniers inventaires de stocks ;
- constats, photographies, rapports des experts et courriers de l'assureur ;
- commandes annulées, chiffre d'affaires perdu et coûts supplémentaires ;
- mesures d'urgence, aides demandées et calendrier de reprise.
4. Chiffrer la perte d'exploitation et la trésorerie
La perte d'exploitation ne correspond pas simplement au chiffre d'affaires manquant. Il faut isoler la marge perdue, les charges économisées et les frais supplémentaires engagés pour poursuivre ou reprendre l'activité. Un plan de trésorerie hebdomadaire permet d'anticiper les échéances sociales, fiscales, salariales et bancaires pendant le délai d'indemnisation.
5. Examiner provisions, aides et continuité d'exploitation
Une provision n'est comptabilisée que si une obligation existe à la clôture et si sa sortie de ressources peut être estimée de manière fiable. Les dépenses futures de reconstruction ne deviennent pas automatiquement une provision. Les aides publiques ou subventions doivent, elles aussi, être rattachées à leur décision d'attribution et à leurs conditions. Enfin, la direction doit actualiser ses prévisions et documenter sa capacité à poursuivre l'activité au moins sur l'horizon retenu pour l'arrêté des comptes.
Une coordination indispensable
L'entreprise gagne à organiser un dossier commun entre le dirigeant, l'expert-comptable, l'assureur, l'expert d'assurance et, selon le cas, le commissaire aux comptes. Les mêmes hypothèses doivent alimenter l'inventaire des pertes, la réclamation d'assurance, la comptabilité et le plan de reprise. Cette cohérence réduit les délais et sécurise l'arrêté des comptes.
Source professionnelle
CNCC, communiqué du 11 septembre 2026 : « Conséquences comptables des incendies survenus en France au cours de l'été 2026 ».
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