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Aide carburant de 100 € pour les « grands rouleurs » : à Lacanau et dans le Médoc, demande possible jusqu'au 31 décembre 2026

Publié le 6 min de lecturePar Michel Bohdanowicz, expert-comptable

Vous êtes salarié, saisonnier ou indépendant à Lacanau, dans le Médoc ou ailleurs en Gironde, et vous utilisez votre véhicule pour travailler ? L'aide carburant de 100 € réservée aux travailleurs dits « grands rouleurs » est reconduite pour la période du 1er octobre au 31 décembre 2026. Elle s'ajoute à celle qui couvrait la période d'avril à septembre 2026, et le plafond de revenus a été relevé. Les personnes qui n'en ont pas encore bénéficié peuvent déposer leur demande en ligne depuis le 27 octobre 2026, au plus tard le 31 décembre 2026.

Le dispositif repose sur le décret n° 2026-959 du 15 octobre 2026 relatif à la création, aux conditions et aux modalités de versement d'une indemnité carburant, publié au Journal officiel du 16 octobre 2026. La période de dépôt des demandes est fixée par un arrêté du 23 octobre 2026, publié au Journal officiel du 27 octobre 2026.

Qui peut bénéficier de l'aide carburant de 100 € ?

Il faut remplir toutes les conditions suivantes, fixées par le décret et détaillées sur impots.gouv.fr.

Conditions personnelles (appréciées au titre de l'année 2024) :

  • être domicilié fiscalement en France (métropole ou départements d'outre-mer) ;
  • avoir eu au moins 16 ans au 31 décembre 2024, c'est-à-dire être né avant le 1er janvier 2009 ;
  • avoir déclaré des revenus d'activité au titre de 2024 : traitements et salaires (hors allocations chômage et préretraite), bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC), en micro ou au réel, ou bénéfices agricoles (BA) ;
  • avoir un revenu fiscal de référence (RFR) 2024 par part inférieur ou égal à 22 770 € : c'est le RFR du foyer divisé par le nombre de parts, tous deux indiqués sur l'avis d'impôt établi en 2025 ;
  • ne pas avoir été redevable de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) au titre de 2024.

Usage professionnel du véhicule (l'un ou l'autre, en 2026) :

  • effectuer plus de 15 km par trajet entre son domicile et son lieu de travail ;
  • ou parcourir plus de 8 000 km par an dans le cadre de son activité professionnelle, trajets domicile-travail compris.

L'usage professionnel n'a pas à être exclusif : un véhicule servant aussi à des fins personnelles convient. Ces conditions de distance sont attestées sur l'honneur dans le formulaire.

Conditions liées au véhicule (appréciées à la date de la demande) :

  • véhicule à deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique (GPL compris) ou hybride non rechargeable ;
  • régulièrement assuré à la date de la demande, pas forcément au nom du demandeur, et non considéré comme endommagé au sens du code de la route ;
  • sont exclus les véhicules électriques et hybrides rechargeables (motorisations non visées par le décret), ainsi que les quadricycles lourds à moteur, les véhicules agricoles, les poids lourds et les véhicules de fonction ou de service.

Le véhicule n'a pas besoin d'être à votre nom : c'est son usage qui compte. En revanche, une personne ne peut percevoir qu'une seule indemnité, et un même véhicule ne peut donner lieu qu'à un seul versement.

Comment faire la demande et jusqu'à quand ?

Deux situations se présentent :

  1. Vous avez déjà perçu l'aide d'avril-septembre 2026 : le nouveau versement de 100 € est automatique. Selon impots.gouv.fr, il a été effectué le 16 octobre 2026. Vous n'avez aucune démarche à faire et ne devez pas déposer de nouvelle demande.
  2. Vous ne l'avez pas encore perçue : vérifiez d'abord votre éligibilité avec le simulateur d'impots.gouv.fr, à l'aide de votre avis d'impôt 2025 (revenus 2024). Si vous êtes éligible, le simulateur vous donne accès au formulaire de demande, ouvert du 27 octobre au 31 décembre 2026.

Pour remplir le formulaire, il vous faut :

  • un espace Finances publiques activé sur impots.gouv.fr (numéro fiscal et mot de passe) ; le formulaire n'est pas proposé dans l'application mobile, mais il reste accessible depuis le navigateur d'un téléphone ;
  • le numéro d'immatriculation du véhicule et, pour les plaques au format AA-123-AA, le numéro de formule figurant sur la carte grise ;
  • des coordonnées bancaires enregistrées auprès de l'administration fiscale avant la demande : l'aide est versée uniquement par virement sur le compte connu au titre de l'impôt sur le revenu du foyer.

Aucun justificatif n'est à joindre : les conditions sont contrôlées automatiquement et vous attestez sur l'honneur l'exactitude de vos réponses. Impots.gouv.fr annonce un versement sous 10 jours après la demande ; la foire aux questions précise que jusqu'à 15 jours peuvent s'écouler.

Date limite : l'arrêté du 23 octobre 2026 fixe le dernier jour de dépôt au 31 décembre 2026, sous peine de forclusion. Passé cette date, la demande ne sera plus recevable. Nous vous conseillons de faire la démarche sans attendre.

Le cas des saisonniers et des indépendants

Saisonniers. Les conditions de revenus portent sur l'année 2024. Selon la foire aux questions d'impots.gouv.fr mise à jour pour ce nouveau volet, des revenus d'activité perçus sur une partie de l'année seulement suffisent, y compris en alternance avec des allocations chômage, et l'aide n'est pas proratisée : elle est de 100 € dès que les conditions sont remplies. Les allocations chômage ne comptent pas, à elles seules, comme revenus d'activité. Une personne sans revenus d'activité en 2024 n'est pas éligible, même si elle a travaillé en 2025. Un jeune saisonnier qui utilise la voiture de ses parents peut faire la demande, à condition qu'aucune indemnité n'ait déjà été accordée pour ce véhicule.

Indépendants. Commerçants, artisans, professions libérales, micro-entrepreneurs ou exploitants agricoles peuvent prétendre à l'aide s'ils ont déclaré des BIC, BNC ou BA au titre de 2024. La foire aux questions précise qu'un déficit déclaré est pris en compte ; en revanche, sans aucun revenu déclaré (ni bénéfice ni déficit), l'aide n'est pas due. Un exploitant agricole peut la demander pour sa voiture, mais pas pour un tracteur. Les poids lourds et les véhicules de fonction ou de service restent exclus.

Ce que peut faire l'employeur : une prime de transport exonérée jusqu'à 1 000 €

L'employeur n'intervient ni dans la demande ni dans le versement de l'aide de 100 €. En revanche, il dispose d'un levier distinct : la prime de transport (ou « prime carburant »), facultative, qui prend en charge tout ou partie des frais de carburant des salariés pour leurs trajets entre leur domicile et leur lieu de travail.

Les décrets n° 2026-973 et n° 2026-974 du 20 octobre 2026, publiés au Journal officiel du 21 octobre 2026, relèvent temporairement le plafond : les sommes versées entre le 1er octobre et le 31 décembre 2026 sont exonérées de cotisations et contributions sociales dans la limite de 1 000 €. L'exonération d'impôt sur le revenu obéit à des plafonds distincts, que ces décrets ne modifient pas. Selon Service-Public, les conditions d'attribution de la prime sont également assouplies jusqu'au 31 décembre 2026, pour les seuls frais de carburant : elles sont à vérifier au cas par cas avant tout versement.

La prime se met en place par accord d'entreprise, par accord de branche ou, à défaut, par décision unilatérale de l'employeur (après consultation du CSE s'il existe). Elle doit bénéficier à l'ensemble des salariés concernés selon les mêmes modalités, en fonction de la distance entre leur domicile et leur lieu de travail, et figurer sur le bulletin de paie.

Pour les employeurs du tourisme, le sujet est à examiner avec la paie avant la fin de l'année.

Nos conseils

  • Testez votre éligibilité sur le simulateur officiel plutôt que de vous fier à une estimation : le critère est le RFR par part.
  • N'attendez pas décembre : la demande doit être déposée au plus tard le 31 décembre 2026.
  • Vérifiez que votre compte bancaire enregistré auprès des impôts est à jour avant de déposer la demande.
  • Conservez vos justificatifs (carte grise, attestation d'assurance, éléments sur vos trajets) pendant cinq ans à compter du versement : l'administration peut les demander et vous aurez alors un mois pour répondre. Les sommes indûment perçues sont récupérées, avec une majoration en cas d'informations inexactes.
  • Employeurs : chiffrez le coût d'une prime de transport et formalisez-la correctement pour bénéficier de l'exonération.

Sources officielles